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D’Avocate à Designer d’intérieur : le parcours inspirant de Stéphanie Roche

Avocate pendant plus de 12 ans, à Paris, dans le domaine de la propriété intellectuelle, Stéphanie Roche décide de quitter la robe pour créer son agence de design d’espace, Intérieur 360°, dédiée aux cabinets d’avocats. Forte de son expérience de la profession, et consciente des enjeux à engager enfin une vraie réflexion sur l’environnement de travail des avocats, Stéphanie propose un aménagement sur mesure, de la conception à la réalisation finale, tout en s’adaptant aux besoins et au budget de ses clients. Retour sur un parcours tout aussi audacieux qu’inspirant et prometteur.

Stéphanie, quel est votre parcours ? Pouvez-vous vous décrire en quelques lignes ?

J’ai suivi un cursus classique de droit, après avoir choisi cette filière un peu par défaut (pas d’autre vocation professionnelle).

Et il s’avère que j’ai beaucoup aimé mes études.
Dans un premier temps j’ai souhaité devenir juriste d’entreprise.

Mais à l’issue de mes stages en entreprise, je me suis rendu compte que les questions techniques ou sensibles étaient transmises aux avocats.

Outre des directeurs juridiques ou secrétaires générales passés par l’avocature.

J’ai alors prêté serment en 2005, et exercé dans des cabinets français à Paris, principalement en contentieux et dans le domaine de la propriété intellectuelle.

Après plus de 10 ans dans la profession d’avocat, vous décidez de quitter la robe pour créer votre entreprise dans le design d’espace. Qu’est-ce qui a été le déclencheur ?

Les problématiques juridiques, « monter » les dossiers pour les procédures ou encore la relation clients m’ont beaucoup intéressée.

Le déclic qui m’a toutefois poussée à m’interroger sur mon avenir dans la profession a été mon retour de maternité.

Je n’ai pas en effet retrouvé l’ensemble de mes dossiers, sans avoir pu au préalable en discuter avec les associés….

@ Photo Stéphanie Roche

Cette situation, que j’ai considérée comme un manque de reconnaissance et même de considération, a beaucoup affecté ma motivation au sein du cabinet, plus largement au sein de la profession.

Quelle a été la réaction de votre entourage à l’annonce de cette reconversion ?

Tant mon entourage personnel que professionnel, déjà, n’a pas été étonné de ma reconversion !

Il y avait comme une évidence pour eux dans mon choix d’un métier « créatif ».

Ils ont aussi été d’un grand soutien.

Comment avez-vous vécu ce saut dans l’inconnu ? Vous étiez-vous préparée pour mettre toutes les chances de votre côté ?

J’ai dans un premier temps décidé de réaliser un bilan de compétence.

Je n’avais pas en tête au départ ce métier de designer d’espace.

L’objectif était surtout de parler à un « tiers » de mon projet de partir de la profession, de ne plus retourner dans ma tête toutes ces questions !

Assez rapidement, j’ai spontanément parlé de ma passion pour l’aménagement de l’espace.

Et comme expliqué plus haut, pendant mon bilan de compétence, j’ai été amenée à interroger mes proches sur ce projet, et ils ont tous été hyper positifs.

Le résultat du bilan m’a conforté dans mon choix.

Mais ce qui m’a aussi rassurée, c’est qu’il y avait une cohérence dans mon choix initial d’un métier juridique.

Autrement dit je n’avais pas fait fausse route toutes ces années.

C’est exactement ce que je ressentais : le droit m’intéressait beaucoup (et m’intéresse encore aujourd’hui), mais ce n’était pas ma passion.

Outre un problème de valeurs dans la manière dont il était exercé, même si cela tend à évoluer aujourd’hui.

En termes d’organisation, j’ai demandé un temps partiel à mon cabinet pour commercer à préparer mon projet.

Peu après, pour des raisons personnelles, j’ai déménagé à Lille et décidé de sauter le pas définitivement.

J’ai alors suivi une formation sur Paris dans une agence d’architecture à Paris, pour apprendre principalement la partie technique du métier (plans techniques, modélisations 3D….).

Avez-vous rencontré des obstacles ou des doutes durant la concrétisation de votre projet ?

Avec le recul, les doutes sont venus un peu plus tard car pour être honnête je me suis lancée au départ un peu tête baissée.

Ma première réflexion a porté sur mon positionnement.

En effet, je n’ai pas pensé tout de suite à travailler pour des cabinets d’avocats.

C’est lorsque j’ai voulu me différencier que j’ai pensé à mon expérience.

@ Photo Stéphanie Roche

Les doutes sont venus avec le recul, et le besoin que j’ai ressenti d’être accompagnée sur certains sujets, comme la communication, pour développer pleinement mon activité (une fois validé mon positionnement).

Vous créez donc Intérieur 360°, en 2018, qui est une agence de design d’intérieur. Avez-vous toujours eu une appétence pour le design ?

Toujours comme cela s’est rapidement et très naturellement imposé pendant mon bilan de compétence.

En fait j’ai toujours aménagé mes bureaux à mon goût (je bougeais les meubles, j’apportais des photos …), par besoin.

Bien travailler pour moi nécessite un bureau confortable, personnalisé et rangé (!).

Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous concentrer sur cette typologie de clients que sont les cabinets d’avocats ? Comment perçoivent-ils votre approche et le service que vous proposez ?

Il y a au départ une logique pratique : c’est mon réseau.

Ensuite, même si je n’ai jamais été mal « logée » personnellement, peu de cabinets réfléchissent à leur environnement de travail, en premier lieu leurs locaux.

Les locaux sont perçus de manière un peu ambivalente : à la fois comme une charge financière, et un faire-valoir de la réussite (image de marque).

Cette approche aboutissant, souvent, à ce que les associés limitent leur investissement pour faire « beau » à la salle de réunion et leur bureau….

Il y a un vrai fossé d’ailleurs dans la prise en considération de ce sujet entre les entreprises et les cabinets.

Or justement, je vois une évolution au sein des cabinets, un peu contraints il est vrai (!) depuis deux ans en raison des tensions dans le recrutement.

Ils commencent à réfléchir en termes de marque employeur, et les locaux sont indéniablement un critère d’attractivité !

Il est vrai aussi que le budget demeure un frein pour beaucoup, outre qu’ils sont le plus souvent locataires de leurs locaux.

@ Photo Stéphanie Roche

Quels conseils donneriez-vous à un cabinet d’avocats qui hésite encore à « relooker » ses bureaux ?

Comme je viens de l’évoquer, la profession connaît une crise d’attractivité.

Les locaux reflètent les conditions de travail.

Bien sûr c’est un investissement.

Mais d’une part, il ne s’agit pas toujours de proposer une rénovation complète.

Comme vous le dites, il peut s’agir d’une optimisation de l’agencement actuel de l’espace, du mobilier existant…..

Ensuite, à plus long terme, cela revient moins cher d’investir que de ne pas trouver de collaborateurs, de surcroît avec le bon profil.

Outre l’image clients : la concurrence est rude.

Il faut se démarquer et montrer un exercice moderne, au plus près des attentes et préoccupations des clients

Pourquoi devrait-ils faire appel à vous ? Quelle est votre approche ? Votre mode de fonctionnement ? Ce qui vous différencie des autres agences de design, votre petit plus, qui fait toute la différence…

Parce que j’ai été avocate.

D’une part, je comprends leurs problématiques (confidentialité, image clients, rangements des dossiers malgré les progrès dans la numérisation…).

En particulier, j’ai conscience de leur charge de travail.

Je suis hyper pro active et force de proposition, ils n’ont plus qu’à choisir.

D’autre part, je travaille (et parle) comme eux : une facturation détaillée, au forfait et un suivi hyper régulier.

Aujourd’hui, d’autres secteurs sont en plein essor, comme celui du web 3.

Qu’est ce qui vous épanouie aujourd’hui le plus dans votre activité ?

La conciliation entre mes deux « vies », et comme je l’ai dit plus haut, je n’ai jamais eu aucun regret d’avoir été avocate.

Bien au contraire.

Je suis persuadée que je suis aujourd’hui designer d’espace parce que j’ai été avocate.

Mon autre motivation est d’aider, à ma mesure, la profession, qui est une belle profession et qui mérite je pense d’être mieux valorisée.

En quoi votre formation juridique et votre expérience d’avocate continuent de vous être utiles aujourd’hui ?

C’est une aide précieuse dans mon nouveau métier, s’agissant en particulier de la rigueur dans le suivi des projets et la gestion de la relation clientèle.

Parlez-nous de votre nouveau projet, Inside My Firm! ?

Toujours pour convaincre plus de (anciens) confères d’investir dans leurs locaux, j’ai décidé d’aller à la rencontre d’avocats qui ont eu cette réflexion.

Lire la vidéo

L’objectif est bien sûr de montrer de beaux espaces pour donner envie (en mode La Maison France 5 comme je dis !)

Mais pas seulement, il s’agit aussi d’avoir le retour d’expérience d’avocats sur les impacts – concrets – d’un aménagement bien pensé.

Et enfin de nourrir de mon expérience en tant qu’experte de l’aménagement de cabinets.

 

Merci Stéphanie 🙂

Pour suivre Stéphanie Roche :

Rue des Avocats est un cabinet de recrutement spécialisé dans l’approche directe de profils juridiques et fiscaux. Notre clientèle se compose de cabinets d’avocats, entreprises et Legaltechs, basés en France et en Belgique. Notre particularité est notamment celle de prendre en considération les soft skills du candidat dans le processus de recrutement.

 

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